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Vu la semaine du 25 au 31 août 2016 : Le poing vengeur de Bruce, The cat, Tamara

samedi 3 septembre 2016, par Kevo42

3 films au programme cette semaine. Nuit nanarland ce soir oblige, je me suis entraîné en regardant deux films chroniqués sur le site que je n’avais jamais vu. Le troisième film est l’adaptation d’une bande dessinée qui marche très bien, ce qui veut dire que j’étais plus ou moins obligé de le voir.

La semaine prochaine, compte rendu de la nuit nanarland et d’autres choses.

Le Poing vengeur de Bruce - Bill James

Jack Lee, le frère de Bruce Lee, a hérité à sa mort de son livre de techniques secrètes. Il se rend à Manille voir son ami Peter, qui gère un dojo de Kung-fu où tous les élèves portent des kimonos avec Taekwondo inscrit dans le dos. Celui-ci, interprété par le merveilleux Bruce Le, participe à un tournoi où il meurt en poules face à Romano Kristoff. Celui-ci, maître méchant, souhaite récupérer le livre des techniques secrètes de Bruce, et ne va pas hésiter à menacer la vie de Jack Lee par tous les moyens nécessaires.

Avant la nuit nanarland de ce samedi, je me chauffe en piochant dans mon disque dur quelques nanars que je n’ai toujours pas vu.

Le poing vengeur de Bruce, a pour qualité, en plus d’avoir deux clones de Bruce Lee pour le prix d’un, un doublage célèbre pour sa mollesse comme en témoigne cet extrait, un des classiques de nanarland.

Ce doublage participe grandement à l’atmosphère relax qui domine la majeure partie de ce film. Alors qu’on associe aux films d’arts martiaux des termes tels que tatanne dans la tête et coup de poing dans les parties, l’action du poing vengeur de Bruce se déroule indolemment. On verra Jack Lee prendre le taxi, récupérer la clé de sa chambre d’hôtel, draguer les filles, tandis que Bruce Le de son côté ne néglige jamais un bon combat de coq en compagnie de sa chère et tendre. Les méchants sont donc obligés de se rendre auprès des héros. De nombreux combats auront ainsi lieu dans la chambre même de Jack Lee, qui à aucun moment ne pense à changer d’hôtel.

De plus, la plupart des combats de Jack Lee ont un tour parodique, celui-ci étant tellement rapide et fort qu’il esquive tout et ridiculise ses adversaires.

Étrangement, arrivé aux trois quarts, le film se rappelle qu’il est censé imiter Bruce Lee, et lâche la bride à Bruce Le pour 20 minutes de bagarre à base de feulements face à un Roman Kristoff dépressif et constamment au bord des larmes. Leur bagarre finale dans une fontaine tente de cacher l’impossibilité de produire quoi que ce soit d’impressionnant (because les pieds dans l’eau) par des ralentis en triple exemplaire du moindre coup à peu près porté.

Dans l’ensemble le film est plutôt pathétique, entre son meublage, ses décors aussi peu impressionnants que peu nombreux, filmés n’importe comment (festival de plongée / contre plongée dans la chambre d’hôtel), et ses dialogues sous tranxene. Pas le plus mortal de tous les kombat, donc, mais un petit nanar sympa, à conseiller à ceux qui sont un minimum sensible à la poésie d’un Bruce fake.

Quelques Gifs pour rendre compte de la chose :

The cat - Nam Nai Choi

Un policier / romancier enquête sur une série de cambriolages qui semble impliquer un chat. Il ne sait pas qu’il va se retrouver au milieu d’un affrontement commencé dans une autre galaxie.

The cat est un film de Nam Nai Choi, connu de ceux qui savent pour The story of Ricky, l’un des films d’arts martiaux les plus sauvages qui ait jamais été fait (on parle de combattants prêts à s’ouvrir le ventre pour pouvoir étrangler leur adversaire avec leur intestin). Autant dire que la première règle de son cinéma est de ne suivre aucune règle et certainement pas celle du bon goût et de la bienséance.

The cat est une sorte de Terminator où Kyle Reese serait remplacé par un chat, et le terminator par un gros pot de slime qui pourrait faire fondre les gens et s’emparer de leur corps. The cat est aussi un film qui montre jusqu’où un chien et chat peuvent aller quand ils s’affrontent, avec des prises de catch, des étranglements, et des électrocutions.

Il y a beaucoup à raconter au sujet de the cat. Ce film est sorti en dvd sous le nom de karaté cat en double programme avec Robotrix. Des images valant mieux que de longs discours, voici quelques gifs qui vous convaincront d’acheter ce qu’on peut légitimement qualifier de très très grand film.

Tamara - Alexandre Castagnetti

Présenté en avant-première lors de la semaine de la comédie à l’ugc les halles, Tamara est l’adaptation de la bande dessinée de Darasse et Zidrou qui n’ont été cité par aucune des personnes présente lors de la séance, que ce soit la productrice (qui a au moins mentionné la bd), le réalisateur, ou les acteurs. Sympa pour eux.

Les américains ont des bds de super-héros, dans les pays francophones nous avons les bds d’humour 48p couleur avec un gag par page. Après les Profs, Boule & Bill, Benoît Brisefer, ou l’élève Ducobu (aussi de Zidrou), voici venu le tour de l’adolescente ronde préférée des lecteurs du journal de Spirou.

Pour nos lecteurs de plus de 15 ans, présentons le personnage. Tamara est une adolescente pleine de complexes en raison de kilos en trop et d’une mère assez névrosée. Cette année s’annonce pleine de challenge : côté école elle rentre en seconde, et c’est l’occasion pour elle et sa meilleure amie de repartir sur de nouvelles bases et de draguer des mecs. Côté vie privée le petit ami de sa mère s’installe à la maison avec sa fille, ce qui annonce une cohabitation un peu compliquée.

Tamara n’est pas trop le genre de bande dessinée que je lis, mais je lui reconnais clairement une grande qualité, celle d’aborder beaucoup de sujets compliqués de l’adolescence sans tabou et d’une manière très positive. La mère de Tamara habite avec un brésilien, mais le côté famille recomposée n’apporte que du positif. Tamara est grosse ? So what, ça ne l’empêchera de sortir avec le plus beau mec du lycée. On ne peut pas parler de sexe dans une bd jeunesse ? Zidrou et Darasse consacrent tout un album à sa première fois avec un dossier pour te dire comment faire pour que ça se passe bien. Dernière chose, les personnages ont tous des origines géographiques variées, des cultures différentes, et c’est cool.

Que reste-t-il de tout cela dans le film ? Heureusement beaucoup de choses. Commençons par les choses qui fâchent : Alexandre Castagnetti était manifestement beaucoup plus inspiré au synthé de la chanson du dimanche que derrière la caméra. C’est vraiment laid, même pour une comédie française. On a tendance à dire que les comédies françaises ressemblent à des téléfilms, mais on est là carrément au niveau d’une websérie. L’image numérique est plate, certains plans flous, et quand le réalisateur tente un effet BD, cela se traduit par une bouillie de fond vert.

Bref, c’est moche. A côté de ça, je ne peux pas dire que le film soit vraiment raté. Les acteurs qui jouent Diego et Tamara ne sont pas particulièrement charismatiques (c’est un peu dommage), mais les acteurs secondaires sont solides : Oulaya Amamra (de Divines) Sylvie Testud, Cyril Gueï, la petite qui joue Yoli ou la voisine au bout de sa vie jouée par Blanche Gardin. Le seul acteur vraiment mauvais du film est Bruno Salomone, mais on le voit peu. Le film a la bonne idée de suivre le plus possible la bande dessinée, en en reprenant les meilleurs gags. Enfin, ne me faîtes pas complètement confiance non plus à ce sujet, je ne suis pas le plus régulier des lecteurs de Tamara non plus.

Je ne vais pas vous faire croire que je suis particulièrement enthousiaste à propos de Tamara. Globalement, j’aime bien le cinéma et je serai forcément plus enthousiaste devant un film comme Papa ou maman qui se donne du mal pour proposer des choses. Maintenant, dans un contexte où les spectateurs français plébiscitent des comédies qui mettent en valeur le patrimoine sonore de Michel Sardou (la famille Bélier), les gags scatos à base de boudin noir (les visiteurs 3), quand il ne s’agit pas de se moquer des gens d’origine étrangère ou qui n’ont pas d’argent (le grand partage, qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?) , je ne vais pas faire le dégoûté devant une comédie romantique qui fonctionne assez bien, entre une adolescente en surpoids et un ado vaguement latino, avec des personnages hauts en couleur et quelques gags un peu marrant.

La clé du bonheur n’est-elle pas d’être capable de se contenter de peu ?

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