Le fantabuleux blog de Kevo42

Sorties cinéma du 10 septembre 2014

mardi 9 septembre 2014, par Kevo42

Les sorties de la semaine sont pour moi comme la course à pied : quand on a sauté une semaine, on a du mal à reprendre. Comme je sens que vous êtes tous très fatigués par cette rentrée, et que je le suis tout autant, on va se contenter de 5 sorties cette semaine.

Il y a bien d’autres sorties, mais franchement, je crois que vous ne ratez rien d’important.

Bizarrement pas grand chose à se mettre sous la dent, donc, puisque même les films qui font envie, ne sont pas foncièrement sexy. Mademoiselle Julie attire par la présence de Jessica Chastain, Near death experience par celle de Michel Houellebecq (gros candidat au César du meilleur espoir masculin) . Quand au reste : on verra.

Maintenant, pour ce qui est du rattapage de la semaine dernière : Hippocrate et Maintenant ou jamais avaient l’air très fades dans leurs genres, et pour ce qui est des Métamorphoses, le Tutotal qui lui est consacré résume parfaitement ce que j’en pense. Ceci dit, si vous voulez vraiment un avis sérieux sur la question, je vous invite à lire cette excellente interview de Christophe Honoré.

A la semaine prochaine pour de nouvelles aventures !

La rentrée se fera dans la rigueur

Mademoiselle Julie – Liv Ullmann

Une femme de la noblesse Irlandaise est possiblement amoureuse de son valet. Mais rien n’est possible, et tout cela a de bonnes chances de mal terminer.

Est-ce que ça fait envie ?

Une adaptation de Strindberg réalisée par l’ancienne actrice vedette d’Ingmar Bergman avec la musique classique qui va bien : on sait que l’on est pas là pour rigoler.

Mais tout ne peut pas être rires et chants, et il n’y a pas de raison que l’on se contente de regarder des films aussi bêtes que Lucy.

La réalisation semble austère, le texte aussi : tout passera donc par la qualité du jeu des acteurs. Si je n’ai guère confiance en Colin Farrell (même s’il est bien sympathique), j’irai voir un film qui fait s’affronter Jessica Chastain et Samantha Morton (d’ailleurs, à quand Morvern Callar en blu-ray ?).

Durée : 02h13

Note IMDB : pas encore de note 

Qu’avez-vous vu de Liv Ullmann ?

Liv Ullmann a joué sous la direction de Ingmar Bergman dans pas mal de films dont Persona, et il n’est pas impossible qu’elle ait joué Strindberg sous sa direction au théâtre. Mademoiselle Julie est son quatrième film.

Near death experience – Benoît Delepine et Gustave Kervern

Michel Houellebecq joue un employé de bureau qui en a marre, et enfile sa plus belle combinaison de cycliste pour se laisser crever dans la montagne. My idea of fun, comme dirait Iggy Pop.

Est-ce que ça fait envie ?

Après deux films un peu trop poétiques, Delepine et Kervern reviennent vers ce qu’ils savent faire le mieux : le silence, et l’humour gênant. Leurs films n’ont jamais été très vifs, et on peut imaginer que ce Near death experience sera plus aride que jamais.

Cependant, on a vu avec le téléfilm récent L’enlèvement de Michel Houellebecq que l’écrivain français pouvait être un improbable premier rôle du cinéma français.

Le voir perdu dans l’immensité, soliloquant dans son cycliste, comme dans une version malade de 127 heures est une perspective qui me réjouis beaucoup, mais il n’est pas du tout impossible que cela se révèle au final ennuyeux comme la mort.

Quoi qu’il en soit, je trouve réjouissant que même après 6 films, les deux cinéastes du Groland gardent leur singularité.

Durée : 01h27

Note IMDB : 6,7 /10 (mais seulement 14 votes)

Qu’avez-vous vu de Délépine et Kervern ?

On a craint le pire lorsque les deux hommes à tout faire de Groland sont arrivés au cinéma, ne serait-ce qu’à cause du souvenir assez douloureux lié aux aventures cinématographiques de Michael Kael (qui avec le recul pourrait être un prototype raté d’OSS 117, sauf que le film n’est disponible nulle part, ce qui ne facilite pas sa réévaluation).

Pourtant, dès Aaltra, les deux ont surpris : noir et blanc, rythme lent, gags sporadiques mais ravageurs, et le parrainage d’Aki Kaurismaki, le maître finlandais de l’humour glauque.

Leur cinéma tend entre gags gênants, conscience sociale et poésie surréaliste un peu naïve, ce qui peut donner des choses excellentes comme Louise Michel ou plutôt bof comme Mammuth.

A conseiller à ceux qui comprennent quand Michel Houellebecq parle.

La campagne ça vous gagne

Gemma Bovery – Anne Fontaine

Adaptation de la bande dessinée de Posy Simmonds, où un couple d’anglais vient s’installer en Normandie, subissant un trouble proche de celui de Charles et Emma Bovary, mais avec Luchini en plus.

Est-ce que ça fait envie ?

Posy Simmonds a le chic pour attirer à ses œuvres les plus fades des réalisateurs connus. Ainsi après Stephen Frears, c’est au tour d’Anne Fontaine de s’attaquer à l’une de ses œuvres. Histoire de ne surtout pas être original, Gemma Arterton revient après avoir incarnée Tamara Drewe.

Le film devrait être assez proche des thématiques d’ Anne Fontaine , le couple, le désir, l’infidélité, l’excentricité passagère comme réponse à l’ennui... Et comme d’habitude avec elle, ce ne devrait pas être raté, mais pas non plus follement excitant. Du film d’auteur solide, parfait pour remplir la grille de programme de Canal +.

A noter toutefois la bande-annonce particulièrement craignos où Fabrice Luchini nous vantait les charmes de Gemma Arterton. Alors oui, il est difficile pour un homme de ne pas se changer en loup de Tex Avery en la voyant, mais présenté ainsi, on est plus proche du bar PMU que de la Une de Télérama.

Durée : 01h39

Note IMDB : -> http://www.imdb.com/title/tt2788556...] 7,1 / 10 (mais seulement dix votes)

Qu’avez-vous vu d’Anne Fontaine ?

Je pense l’avoir déjà dit sur ce blog, mais Anne Fontaine est une superbe femme. Alors oui, je vois bien à quel point cette phrase peut paraître sexiste, vu que je ne parle jamais de l’apparence physique des réalisateurs masculins, mais cela ne change rien à ce que je pense, et vous n’aurez pas ma liberté de penser.

Ainsi, après avoir tourné en tant qu’actrice dans quelques films érotiques dont un David Hamilton, Anne Fontaine est devenue l’une des réalisatrices les plus régulières du cinéma français, avec 13 films en 20 ans, dont quelques films très remarqués comme Nettoyage à sec, Entre ses mains, Coco avant Chanel, ou La fille de Monaco. On remarquera cependant que les trois nominations qu’elle a obtenues pour les Césars se situaient du côté du scénario.

Intéressée par la question de l’interdit du désir, Anne Fontaine n’est pas de ses réalisatrices dont les films sont attendus avec une énorme impatience, mais dont l’on ressort en se disant que ce n’était pas aussi mauvais que ce que l’on pensait.

A conseiller aux fans de Gemma Arterton.

Les recettes du bonheur – Lasse Hallström

Une famille de cuisiniers indiens s’installe dans un village Français et ouvre leur établissement en face d’un restaurant étoilé. Ce qui signifie la guerre, mais aussi la romance.

Est-ce que ça fait envie ?

Avec son casting improbable, Les recettes du bonheur devrait ravir ceux qui jouent aux six degrés de séparation. On y trouve en effet autour du héros interprété par Manish Dayal : Om Puri, Helen Mirren, Charlotte Le Bon, Michel Blanc et même une apparition de Vincent Elbaz.

Maintenant, Les recettes du bonheur, comme son nom l’indique, ne fait pas dans la subtilité : village de carte postale, poids des traditions contre innovation venant d’un étranger d’abord accueilli avec méfiance mais bientôt aimé de tous, on se croirait dans Le Chocolat et ce n’est pas un hasard puisque les deux films viennent du même réalisateur : Lasse Hallström.

On a affaire à une mécanique bien huilée qui fait que même si ce n’est pas trop mon genre de films, je ne vous jugerai pas si c’est le vôtre.

Durée : 02h02

Note IMDB : 7,5 (metascore : 55 / 100)

Note rotten tomatoes : 67 % de tomates fraîches (6,2 / 10)

Qu’avez-vous vu de Lasse Hallström  ?

Nous ne reviendrons pas sur la carrière suédoise dans les années 70 de Lasse Hallström étant donné que je ne parle pas suédois. Tout au plus peut-on dire qu’il a travaillé avec Abba.

C’est en devenant un réalisateur hollywoodien avec Ce cher intrus (1991) que l’on apprend à le connaître. Parmi les titres marquants, on gardera Gilbert Grape (avec Johnny Depp, et un déjà excellent Leonardo Di Caprio, L’oeuvre de Dieu, la part du diable, Le chocolat ou Des saumons dans le désert.

Sa filmographie compte essentiellement des adaptations de roman, et si possible de ceux qu’on retrouve en sélection du mois France Loisirs. Pas le plus grand des stylistes, mais un ami de ceux qui cherchent des histoires pleine de romance, de personnages étonnants et de grands sentiments.

A conseiller aux amateurs de romans de terroir.

Le film à la ramasse et pourtant bizarrement d’avant garde

Sex tape – Jake Kasdan

Jason Segel et Cameron Diaz font des galipettes devant leur Ipad pour se redonner de la motivation sexuelle (ce qui soit dit en passant est toujours mieux que de faire l’amour à sa voiture), mais le bon Dieu les punit : leurs données étant synchronisées sur le Cloud, toute leur famille va pouvoir la regarder.

Nos héros, en bon apple fans, ne sont pas capable de comprendre l’interface de leur stockage à distance, et plutôt que de chercher à comprendre comment effacer le fichier, vont chercher à récupérer les tablettes.

Et bien bon courage.

Est-ce que ça fait envie ?

Peut-on parler d’un film en avance sur son temps pour Sex Tape ? Si lors de sa sortie, le film a largement été critiqué pour son incapacité à comprendre le fonctionnement du partage en réseau des vidéos, proposant une logique de scénario qui aurait été valable avec une VHS dupliquée par erreur à récupérer, mais pas pour un fichier uploadé par erreur, les événements récents liés aux photos de Jennifer Lawrence etc redonnent une certaine validité à son principe de base.

Reste que partant d’un film sur l’érosion du désir dans un couple, l’histoire part rapidement en direction d’une course contre la montre façon Very bad trip, ce qui en fait une comédie pas forcément mauvaise en soi , mais qui passe à côté de son objet, et fait que le film a autant de raisons de s’appeler Sex Tape que SMS en avait .

Ceci qui s’ajoute au fait que tout cela n’a pas l’air non plus follement amusant : on aura plus vite fait d’aller voir 22 jump street.

Note IMDB : 5,3 / 10

Note Rotten Tomatoes : 18% de tomates fraîches (note moyenne 4,1 / 10)

Qu’avez-vous vu de Jake Kasdan  ?

Jake Kasdan, fils du légendaire scénariste Lawrence, est en première ligne du clan Judd Apatow. Il a en effet réalisé 5 épisodes de la série Freaks & Geeks, qui a révélé une génération de comédiens tels que Jason Segel, Seth Rogen ou James Franco . Pour le cinéma, il a notamment réalisé la parodie de la vie de Johnny Cash : Walk Hard, et Bad Teacher, qui mettait déjà en scène Cameron Diaz.

Au fond, un peu comme Nicholas Stoller, le réalisateur de Nos pires voisins, il représente la deuxième partie du tableau des cinéastes comiques américains, ceux qui attirent des castings sympas pour un résultat qui provoque quelques rires, mais dont on ne retiendra pas nécessairement le nom.

A conseiller aux actrices françaises : tout ce qui arrive aux Etats-Unis finit par arriver en France, alors faîtes attention aux photos que vous transférez dans le cloud !!!

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