Le fantabuleux blog de Kevo42

Sorties cinéma du 24 septembre 2014

mercredi 24 septembre 2014, par Kevo42

Cette fois-ci, on ne peut y échapper : la rentrée a eu lieu. Travail, école, rer en retards, chacun a repris sa petite routine. Il semblerait pourtant que les distributeurs, eux, ne soient pas revenus de vacances, puisque cette semaine encore on n’aura pas énormément de choses à se mettre sous la dent : une adaptation semble-t-il assez ratée d’un polar bestseller, une première comédie noire avec Laurent Laffite, du gros cinéma d’auteur Russe qui décrasse, Bonello et ses obsessions, un biopic fade de James Brown, ou le retour du dauphin à la queue mécanique. Tous projets qui ont un potentiel certain, mais qui ne l’ont pas forcément tous exprimé.

De sorte que les séances à voir se trouvent plutôt côté avant-premières : si vous pouvez déjà lire ici ma critique du dernier film d’Eric Lartigau : la famille Bélier, sachez que j’ai vu récemment Bande de filles, le nouveau Céline Sciamma, et Une nouvelle amie de François Ozon, dont je vous reparle très vite.

Bref, vivement le mois d’Octobre, et son cortège de grosses sorties.

Polars plus ou moins sérieux

Elle l’adore – Jeanne Herry

Muriel (Sandrine Kiberlain) est une esthéticienne fan de Vincent Lacroix (Laurent Laffite) . Elle prétend l’avoir aidé à faire disparaître le corps de sa compagne. Problème : tout le monde sait qu’elle est une grosse mythomane.

Est-ce que ça fait envie ?

Un petit peu quand même. On a là pour une fois un sujet de comédie qui sort de l’ordinaire, et qui semble pouvoir donner lieu à des rebondissements plus fournis que « oh la la Ary Abittan, il fait bien l’accent quand même ! »

Mi-comédie, mi-polar, Elle l’adore n’a pas l’air extraordinaire mais pourrait être une bonne surprise.

Durée : 01h45

Note IMDB : 7 / 10 (mais seulement 7 votes)

Note presse Allociné : 3,8 / 5

Qu’avez-vous vu de Jeanne Herry ?

Il s’agit du premier film de Jeanne Herry après son court-métrage Marcher réalisé en 2009, et qui mettait en scène sa mère Miou Miou. Elle est aussi la fille de Julien Clerc. Pas grand chose d’autre à en dire.

A conseiller à Vladimir Nabokov, lui qui savait que « la littérature n’est pas née le jour où un enfant a crié au loup quand il y avait un loup , mais quand il a crié au loup et qu’il n’y avait pas de loup. Entre le loup réel et le loup imaginaire, il existe un chatoyant maillon, et c’est dans ce chatoyant maillon, dans ce prisme, que se trouve l’art de la littérature ».

Avant d’aller dormir – Rowan Joffe

Nicole Kidman perd la mémoire à chaque fois qu’elle s’endort, suite à un accident. A force d’enquête, elle se rend compte que tout est peut-être encore plus compliqué.

Est-ce que ça fait envie ?

La première idée qui nous passe par la tête à la vision de cette bande-annonce est : « tiens, quelqu’un a vu Memento et a décidé que l’idée de base était bonne mais pouvait être encore mieux exploitée ! ». Quel meilleur matériau pour un polar que de faire enquêter la victime elle-même, au point de la faire douter de sa santé mentale ? Le roman de S.J. Watson a bonne réputation, et même si tout cela n’a pas l’air réalisé d’une manière particulièrement novatrice, on pourrait avoir une agréable surprise en le voyant. Avouez que vous vous ennuyez un peu depuis que tous les épisodes de Miss Fisher ont été diffusés.

Durée : 01h32

Note IMDB : 58% de tomates fraîches (note moyenne 6,1 / 10)

Note presse Allociné : 2,6 / 5 (et la meilleure note est donnée par Closer)

Qu’avez-vous vu de Rowan Joffe ?

Si Rowan Joffe a déjà réalisé un film pour le cinéma adapté d’un roman avec Brighton Rock, il est surtout connu pour son travail de scénariste, notamment 28 semaines plus tard, L’Américain et prochainement l’adaptation de L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman, prochain film de Ron Howard.

A conseiller aux fans de Jean-Christophe Grangé, qui parieront sur un dénouement à base de jumeau maléfique.

La grande culture

Léviathan - Andreï Zviaguintsev

Quand un pays va mal, l’art se porte bien. La Russie va semble-t-il très bien, est-ce à dire que Léviathan sera un chef d’oeuvre. Les citations intégrées dans la bande-annonce laissent à penser que si.

Maintenant, je suis toujours un peu circonspect quand un film Russe est vendu avec des citations du Monde et de Libération. Sans doute est-ce le fruit de notre anglo-centrisme, qui m’empêche d’apprécier la joie simple des films sur la corruption de la Russie, l’alcool, et le défonçage d’immeuble à coup de pelleteuse. Et si je passais à côté de l’essentiel ?

A noter que le film a reçu le prix du meilleur scénario au dernier festival de Cannes.

Durée : 02h20

Note IMDB : 8,2 / 10 (metascore : 99/100 , rien que ça !)

Note presse Allociné : 4,2 / 5

Qu’avez-vous vu de Andreï Zviaguintsev  ?

Andreï Zviaguintsev est typiquement le genre de réalisateur dont vous auriez dû voir les films sans l’avoir fait. La peur, certainement, de se confronter à des films comme Le retour (lion d’or à Venise en 2003), Elena (prix un Certain regard du festival de Cannes 2011), ou le bannissement (prix du meilleur acteur au festival de Cannes 2007).

Comme je ne suis pas meilleur que vous, j’avoue ne jamais avoir vu aucun des ses films, ce qui est vraisemblablement une erreur énorme.

A conseiller à ceux qui aiment la Russie qui gagne.

Les biopics se ramassent à la pelle

Saint Laurent - Bertrand Bonello

Yves Saint Laurent dans sa période auto-destruction et génie créatif, entre 1967 et 1976

Est-ce que ça fait envie ?

Le précédent film de Bertrand Bonello : l’Apollonide, est l’un des rares films qui m’ait mis en colère au point de vouloir donner un soufflet au réalisateur si je venais à le croiser. Passe encore que celui-ci était ennuyeux et ne racontait rien, on a vu pire, mais il y avait sous couvert de dandysme une sorte de misogynie et de mépris des classes populaires assez déprimant.

Ces problèmes ne devraient pas se trouver dans Yves Saint-Laurent, celui-ci ne côtoyant pas beaucoup de femmes et encore moins de pauvres. Après le très général film de Jalil Lespert, qui avait l’avantage de présenter le personnage aux béotiens de mon genre, ce nouveau film rentre plus en détail dans ce qui intéresse profondément Bonello, à savoir : la défonce, l’auto-destruction, le sexe qui fait mal, les lieux clos, et le rock garage.

On peut donc s’attendre à une sorte de point culminant de son œuvre. Bonello étant un cinéaste très clivant (comprendre que je le trouve extrêmement surestimé et chiant), on peut s’avancer et dire qu’encore une fois les haters vont hater.

Durée : 02h30

Note presse Allociné : 4,1 / 5

Note IMDB : 6,9 / 10 (Metascore : 48 / 100)

Qu’avez-vous vu de Bertrand Bonello  ?

Comme il le remarque lui-même dans son interview dans le magazine So Film, Bonello est un habitué des films qui font 10 000 entrées. Il est donc peu probable que vous vous soyez déplacés pour voir un de ses films, si ce n’est pas l’Apollonide, son plus gros succès.

Sinon, on peut parler du Pornographe (qui vaut le coup pour la rencontre entre Jean-Pierre Léaud et les habitudes en terme de faux ongles dans le milieu du porno), De la Guerre, Tirésias, ce genre de choses...

A conseiller à ceux qui regrettent qu’internet n’existait pas à l’époque de Saint Laurent pour avoir une chance de récupérer des photos volées de ses soirées intimes.

Get on up – Tate Taylor

Un biopic de James Brown, parce qu’il n’y a pas de raison que Ray Charles y ait droit et pas lui.

Est-ce que ça fait envie ?

L’un des avantages du genre biopic, c’est que l’on peut écrire une notice et la réutiliser à l’envie pour peu que l’on change les noms.

On va donc suivre James Brown, de sa jeunesse défavorisée à la gloire : son rapport conflictuel avec ses parents et l’autorité en général, qui va lui permettre de se forger un caractère qui va lui permettre de révolutionner la musique.

On a déjà vu ce film mille fois en plus ou moins bien fait. J’imagine que les fans de James Brown doivent être impatients, les autres un peu moins.

Même si je déteste Bonello par ailleurs, l’idée de s’intéresser à une période plus précise, qui est au cœur de son biopic d’Yves Saint Laurent, me semble plus pertinente : comment faire autrement que d’effleurer une vie aussi riche en 02h19 ? Maintenant, je suis peut-être mauvaise langue : le film semble être largement une origin story. Je ne sais pas si c’est beaucoup mieux.

Durée : 02h19

Note IMDB : 7,2 / 10 (metascore : 71/100)

Note Rotten Tomatoes : 79% de tomates fraîches (note moyenne 6,8 / 10)

Note presse Allociné : 3,1 / 5

Qu’avez-vous vu de Tate Taylor ?

Plus que pour sa carrière d’acteur, Tate Taylor est connu pour ses films en tant que réalisateur. Celui qui l’a fait remarquer est l’adaptation de la couleur des sentiments, aussi appelé dans les milieux autorisés : "White people solve racism". Il y a donc une cohérence, à ce qu’il s’attaque à la biographie de James Brown, avec même certains acteurs de retour.

A conseiller aux batteurs funky.

Rentrée des classes, retour des films de famille

L’incroyable histoire de Winter le dauphin 2 - Charles Martin Smith

Une image valant mieux que mille discours, je vous propose de découvrir ce film via les très bonnes personnes du Tutotal :


TUTOTAL - Tuto Rainbow Loom - Winter le Dauphin 2 par PersonneNeBouge

Que rajouter à cela ? On ne peut pas dire que le premier film ait marqué les esprits, mais s’il y a eu au moins 4 airbuds, 7 Beethoven, et 3 Chihuahua de Beverly Hills, pourquoi pas un deuxième Winter le dauphin.

On rajoutera aussi qu’il s’agit encore d’un projet improbable dans lequel Morgan Freeman est impliqué. Le pire est que cela semble lui porter chance, quand on voit par exemple le succès de Lucy.

Sorti de tout cela, le film semble aussi fade que du tofu sans accompagnement, ce qui plaira certainement aux végétariens.

Durée : 01h47

Note IMDB : 71 % (note moyenne 6 / 10)

Note presse Allociné : 1,7 / 5 (mais forcément, s’il n’y a que le Monde pour aller le voir, la note ne va pas être bien haute)

Qu’avez-vous vu de Charles Martin Smith

Charles Martin Smith est un acteur assez connu pour ses seconds rôles, dont le plus célèbre est peut-être celui du flic comptable dans les Incorruptibles. Il est aussi un réalisateur de qualité, puisqu’il a non seulement réalisé Winter le dauphin 1 & 2, mais aussi Airbud. Et désolé, mais Airbud, ça pèse lourd.

A conseiller à Lorie à qui la vie n’a pas fait de cadeau, à l’image de ce dauphin à la nageoire mécanique.

En bref

Refroidis - Hans Petter Moland

La bande annonce joue un peu trop la carte du "c’est Nordique, décalé, LOL", tout en étant violent, c’est à dire celle d’un Tarantino venu du froid. Reste que ça n’a pas l’air mal, et on a bien envie de voir le sympathique Stellan Skarsgard dessouder des méchants albanais, sans même avoir besoin de Luc Besson.

Durée : 01h56

Brèves de comptoir - Jean-Michel Ribes

On a beaucoup parlé d’expendables français concernant ce film à cause de son casting réunissant pléthore de vedettes telles Bruno Solo ou Didier Bénureau, mais ce serait oublier que Jean-Michel Ribes est l’un des hommes les plus influents du rire français et peut assembler de gros castings autour de ses idées, comme en témoignent l’émission de télévision Palace (dont les échos de plus en plus lointains se font encore ressentir dans les horribles pubs pour la MAAF) ou le film Musée Haut, Musée Bas adapté de sa pièce de théâtre.

Si les brèves de comptoir ont eu leur succès dans les années 90, d’abord dans Palace, puis en livre et au théâtre, on peut douter de leur impact aujourd’hui. Pour une raison toute simple : une placée par Jean Carmet entre deux sketchs, ça va, mais une heure et demi à la suite, bonjour les dégâts.

De quoi se rappeler que même dans les années 70, les sketchs proposés par les comédiens de Ribes n’étaient pas drôles du tout.

Durée : 01h40

A conseiller à ceux qui, tournant le dos à la hype, continuent à écouter les Grosses têtes dans leur voiture, le soir quand ils rentrent du boulot, même s’ils ne captent pas très bien.

I, origins - Mike Cahill

Attention, bande annonce d’une grande violence. Le film est produit par Fox Searchlight et on n’a aucun mal à le croire, tant tout le film semble compiler tous les tics d’un certain cinéma indépendant tout pourri. On y rajoute une grosse pincée de mysticisme New Age de mauvais goût façon Luc Besson, et on tient sans doute là un film qui fait particulièrement peu envie.

Je crois que je préfèrerais encore voir Les métamorphoses d’Honoré

Durée : 01h46

Les fantastiques livres volants de M. Morris Lessmore - Pleins de gens

Une compilation de courts-métrages sur le thème de l’imaginaire. Le court-métrage éponyme a gagné l’oscar du meilleur court métrage d’animation en 2012, ce qui veut dire que vous ne vous déplacerez pas pour rien.

Durée : 50 minutes

Flore - Jean-Albert Lièvre

Un documentaire sur une femme qui retrouve un peu d’énergie face à Alzheimer au contact de la nature, et ce malgré l’avis contraire des médecins. Attention, bande-annonce dramatique et reggae folk d’intermittent du spectacle sont présents dans cette bande annonce.

Durée : 01h33

4 Messages de forum

  • Sorties cinéma du 24 septembre 2014 24 septembre 2014 23:04

    C’est trop bien Refroidis ! Il fait plus penser à Fargo dans l’ambiance. Il y a de l’humour noir, de la vengeance, des règlements de compte et Bruno Ganz qui pèse, normal.

    Elle l’adore, il y a un souci dans la promo, c’est que ce n’est pas une comédie (peut-être à 2-3 instants) et l’équipe s’accorde à dire que ce n’en est pas une. Le montage de la bande-annonce fait assez mensonger pour le ton, l’affiche est bien bien mieux. La réalisation n’offre rien de nouveau et fait tout juste le boulot, mais pour l’écriture et les interprétations c’est une vraie bonne surprise.

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  • Sorties cinéma du 24 septembre 2014 26 septembre 2014 11:34, par Lord Ruthven

    "Leviathan" est en train de gagner le trophée du titre le plus usité et le plus mensonger du cinéma. On nous a déjà fait le coup avec le documentaire sur la pêche en chalutier !
    (Le film de Cosmatos est devenu difficilement regardable, mais au moins il ne mentait pas sur la marchandise.)

    Sinon Brêves de Comptoir, ça a l’air atroce. A quand un film où tout le gratin des acteurs français se balance des "Ta Mère..." en regardant la caméra ?

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