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Rétro 2012 : le top 10

samedi 29 décembre 2012, par Kevo42

Chaque semaine, il sort au moins une dizaine de films. Malgré toute ma bonne volonté, et une certaine assiduité aux salles obscures, je ne peux pas tout voir. Mais l’important, n’est pas de tout voir, mais de savoir ce qu’on a vu. Et si savoir, c’est tracer des frontières, alors établir des top 10 est un élément essentiel du savoir cinéphagique.

Est-il besoin de préciser que malgré le conformisme que vous ne manquerez pas d’y remarquer, cette liste est d’autant plus à prendre avec des pincettes qu’elle reflète mon avis à un moment bien précis, situé après les fêtes de Noël et avant le nouvel an, soit après le foie gras, mais avant la buche, et n’a aucune vertu à l’universalité. Car comme le disait si bien Arnold Schwarzenegger dans Pumping Iron 2 : "Vous savez que vous allez être comparé à tous ces mecs si différents, et c’est ce que je n’aime plus du tout."

10 - Dark Knight Rises - Christopher Nolan

Le film de trop dans la trilogie. Trop long, trop d’intrigues, trop d’incohérences, trop de gadgets inutiles, trop de méchants inutiles, trop bizarre dans son traitement du mouvement Occupy wall street.

Malgré tout, je trouve ce Dark Knight Rises très fort. Hyper cohérent dans sa logique interne de trilogie, tant sur le plan formel que narratif : Nolan a réussi à créer une œuvre où chaque film a ses enjeux tout en répondant aux autres, concluant sans fermer la porte pour de nouvelles aventures.

Un film en forme de roman graphique, avec un méchant et des personnages secondaires au top niveau.

La classe. Quand même.

A lire : Une interview où Nolan revient en détail sur la trilogie. C’est très intéressant

9 - Looper – Rian Johnson

Si on est mauvaise langue, on pourrait dire qu’il s’agit d’un épisode de la quatrième dimension durant deux heures. Si on est bon public, on dira la même chose. Looper réussit ce que Shyamalan n’arrive plus à faire depuis quelques films : une histoire de science-fiction intelligente, surprenante, avec du cœur, et un fin marquante.

8 - Nouveau départ – Cameron Crowe

Cameron Crowe est très fort. Sur le papier, cette histoire d’un veuf qui achète un zoo pour se sauver du désespoir et trouve l’amour n’a d’intérêt que pour les lecteurs d’Harlequin. Mais avec la petite musique de Sigur Ros qui va bien, un Matt Damon qui assure, et surtout une écriture extrêmement efficace, et plus subtile qu’il n’y paraît, il arrive à réaliser le feel good movie de l’année. Il en faut bien un de temps en temps, non ?

7 - A.C.A.B. : All cops are bastards – Stefano Sollima

Le polar italien de ces dernières années est très centré sur l’histoire récente du pays : mafia, brigades rouges... les sujets ne manquent pas. Malgré tout, peu de très bons films en sortent. A.C.A.B. est la bonne surprise, le film qui a tout compris. Comme Polisse, le film s’inscrit dans le quotidien. Mais contrairement à Polisse, le film arrive

1 – à construire une histoire cohérente avec une progression dramatique

2 – à construire des personnages complexes pris dans des situations conflictuelles délicates (le C.R.S. un peu facho obligé d’arrêter son fils devenu skin-head).

3 – à dire quelque chose du pays qui soit un peu plus intéressant que « les gens méchants ne sont pas gentils ».

Portrait d’une société au bord de l’implosion en plus d’être un excellent film policier remettant à jour les Poliziotteschi de la fin des années 70, A.C.A.B. bénéficie en plus de choix musicaux plutôt cools et d’excellents acteurs. Qu’est-ce qu’on veut de plus ?

6 - Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare – Lorene Scafaria

Si on est objectif, ce film n’a pas sa place dans un top 10. Le film est bien réalisé, mais sans plus, n’exploite pas complètement son scénario, n’esquive pas le piège de la love story, et puis faut bien avouer que Kiera Knightley prend un peu la tête quand même.

Mais si j’ai pas le droit d’être subjectif sur ce site, alors où ?

Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare est l’histoire du boss ultime : Steve Carrell : le mec qui abuse pas de la femme de son meilleur pote, même quand la fin du monde arrive. Qui laisse un message à l’ex-femme de sa vie. Qui emballe sa voisine anglaise. Ne pardonne pas à son père, mais fait un peu la paix quand même. Et qui attend la fin du monde en écoutant Scott Walker et du the Hollies.

Plus qu’un homme, un mode de vie.

5 - Margin Call – J.C. Chandor

Comment représenter quelque chose d’aussi abstrait qu’une crise financière ? On peut en faire un documentaire, comme le très réussi Inside Job de Charles Ferguson. On peut aussi en faire une tragédie, comme ce premier film de J.C. Chandor. Servi par un casting hallucinant (tout le monde est juste parfait, et Demi Moore est une déesse), le film respecte toutes les conventions (unité de temps, de lieu), pour faire monter la tension, dans une ambiance de fin du monde. Le dénouement, ultra cynique, rappelle que toute tragédie a ses victimes, et que dans ce cas, la victime, c’est nous.

4 - Avengers – Joss Whedon

Si les Batman de Nolan ont proposé un bon équivalent aux grands arcs narratifs de bandes-annonces, de ceux qu’on achète en belle reliure chez Urban comics, les Avengers est peut-être le premier film à reproduire le plaisir qu’on peut éprouver à lire un épisode du mois. Contrairement aux films de X-Men où l’esprit de groupe consistait en ce que chaque membre de l’équipe se batte de son côté, on retrouve enfin cet esprit de groupe, d’entraide, les blagues au milieu du combat, ces petits trucs que les fans de comics adorent.

Comme en plus l’histoire est plutôt bien, et la réalisation très convaincante, on a eu droit à un vrai bonheur de comic au cinéma.

3 - The we and the I – Michel Gondry

Michel Gondry a l’habitude d’alterner films avec des vedettes, et petits documentaires ou films expérimentaux. En général, on entend pas trop parler des seconds, mais ce ne sont pas les moins intéressants. The We and the I est un nouvel écho de l’amour de Gondry pour New York et ses quartiers populaires après Block Party. C’est surtout une expérience narrative aussi simple qu’intéressante : montrer comment les vraies personnalités se dévoilent avec le temps et l’intimité. Comme Margin Call, cette structure assez théâtrale marche parfaitement parce que les personnages sont très forts et très bien interprétés. La preuve qu’on peut encore faire des films à partir d’idées très simples, pour peu qu’on ait la rigueur pour les mener au bout de leur potentiel.

C’est un très très beau film, et si vous voulez vous en convaincre, je vous invite à lire ou relire l’article que je lui avais consacré à sa sortie.

2 - Moonrise Kingdom – Wes Anderson

Wes Anderson est un réalisateur qui sait exactement ce qu’il fait. Le problème est que même ses fans commencent à très bien le savoir. Du coup la lassitude pointait : à bord du Darjeeling limited n’était pas mauvais en soi, mais pas marquant. Le fantastique Mr. Fox aussi était super, avec ses petites figurines, ses vestes en velours, et ses chansons de Jarvis Cocker, mais la structure même du conte pour enfants (même si de Roald Dahl), en faisait un exercice un peu formel.

C’est donc avec une certaine méfiance que je suis allé voir Moonrise Kingdom, qui s’est envolée dès les premières minutes. La précision de la mise en scène, la joliesse aussi, étaient toujours là. L’invention était revenue. C’est toujours la même chose : des enfants qui agissent comme des adultes, des adultes qui agissent comme des enfants, une histoire ancrée dans les années 70, des travellings parfaits, mais c’est comme si on le voyait pour la première fois. On rit, on pleure, on est surpris, c’est la vie.

1 - The raid : redemption – Gareth Evans

Les conditions de réception d’une œuvre influent beaucoup sur notre réceptivité. The raid est un film dont je n’avais lu que du bien, dont la bande-annonce m’a rempli d’excitation. Quand enfin, j’ai pu le voir, ce fut en avant-première, dans une salle pleine, remplie de gens qui aiment le cinéma d’action, extrêmement réactifs aux moindres coups et cascades d’un film qui n’en manque pas. Dans cette ambiance survoltée, comment ne pas adorer ce film ?

Donc, oui, à le revoir en blu-ray, l’image n’est pas si belle, ce qui aurait été étonnant venant d’un film qui a dû coûter moins qu’une journée de tournage de Turf, et oui l’histoire n’est pas si bien que ça, avec une dernière partie un peu trop systématiquement bastonneuse (la scène du laboratoire, qui se distingue peut-être pas assez du reste).

Bon, mais c’est du détail. Si on veut de l’action hardcore, qui va au bout de son propos, sans se résumer à une démonstration (même aussi virtuose) d’arts martiaux, the Raid est le film qu’il fallait voir cette année, avec assez de morceaux de bravoure pour rêver de cinéma pour un an encore.

Le film de l’année, donc.

Pour plus de détails, je vous invite à lire ou relire la critique consacré ici à ce film.

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