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Lectures de la semaine : 15 au 21 août 2016 : Chiisakobé, Alcibiade et Saga

lundi 22 août 2016, par Kevo42

Si je n’ai rien écrit depuis longtemps, cela ne veut pas dire que je ne lis plus, à tel point que j’ai fini par en être frustré. A quoi bon lire et avoir un blog si l’on ne parle pas de ses lectures sur son blog. C’est un peu le but non ?

Alors je vais essayer de tenir le rythme de vous proposer quelques résumés de lectures. Ce devrait être assez vite lu, mais néanmoins instructif.

Au programme cette semaine, mon avis sur les trois premiers tomes de Chiisakobé et de Saga ainsi que sur l’excellent Alcibiade de Rémi Farnos. En cadeau bonus : un peu de pub pour deux autres articles publiés récemment.

Chiisakobé - Minetaro Mochizuki d’après le roman de Shûgorô Yamamoto

Shigeji, jeune maître charpentier apprend sur un chantier que l’atelier de l’entreprise familiale a brûlé, emportant ses parents dans l’incendie. Il se trouve au pied du mur alors que le flambeau aurait dû être passé progressivement, avec de lourdes responsabilités, des échéances à tenir et une entreprise à reconstruire. De plus son amie d’enfance Ritsu, qui a été engagée pour tenir la maison où lui et quelques employés vivent, a pris sous son aile des orphelins dont le lieu de vie a aussi brûlé dans l’incendie. Ceux-ci sont attachants mais aussi très caractériels et méfiants des adultes.

Chiisakobe est l’adaptation d’un roman très connu au Japon de Shûgorô Yamamoto, auteur souvent adapté au cinéma par Akira Kurosawa (Dodeskaden, Sanjuro, Barberousse ont tous été écrits par lui) et ce roman a lui aussi été adapté au cinéma en 1962. Minetaro Mochizuki, l’auteur de Dragon Head dans un style très différent, a opté pour un parti pris d’adaptation moderne, en transposant l’histoire à notre époque.

Graphiquement, Chiisakobe est une œuvre très épurée, au point que l’on pourrait presque parler de ligne claire. Si le côté très précis de la composition des planches ainsi que le look des personnages pourrait rappeler le cinéma de Wes Anderson, le tempo y est beaucoup moins rapide et l’intrigue moins extravagante. Le parti pris des éditions du Lézard Noir de publier le manga dans un format plus grand que l’original et sur un papier de belle qualité permet d’être frappé par la beauté des compositions.

Thématiquement l’oeuvre prévue en quatre volumes repose sur deux intrigues liées aux deux personnages principaux : d’un côté Shigeji tente de porter le poids de l’entreprise sur ses épaules au risque de l’entêtement, alors que ses employés ne le comprennent pas forcément, et que beaucoup doutent de lui à cause de son apparence qui témoigne de son passé de voyageur. De l’autre Ritsu essaie de s’affirmer en éduquant les enfants, mais risque d’être supplantée par Yuko, autre amie d’enfance issue d’un milieu plus aisé, formée en sciences de l’éducation et plus aimée par les enfants.

Comme dans le Kamakura Diary d’Akimi Yoshida (mais en un peu moins dense), on est frappé par la profondeur des thématiques abordées malgré l’apparente simplicité de l’intrigue. Un manga court mais précieux.

Alcibiade – Rémi Farnos

Alcibiade est un petit garçon qui quitte son village pour accomplir une quête : trouver le grand sage qui sera capable de lui prédire son destin. La raison pour laquelle cette bande dessinée a été très remarquée par la critique est sa narration : Rémi Farnos s’est fait le spécialiste d’un découpage de la planche à la fois statique et dynamique. Statique parce que les décors s’étendent sur plusieurs cases, parfois toute la page. Dynamique parce que le personnage se déplace et vit des aventures au fur et à mesure des cases. Cette manière de représenter l’action inscrit le personnage dans l’espace et dans le lieu : le lieu ne bouge pas mais le personnage lui bouge. Le lieu est immense, le personnage est tout petit et la multiplication des apparitions du personnage marque la durée nécessaire à la traversée du lieu.

Cette manière de gérer la durée évoque à la fois un jeu vidéo comme le premier Zelda (dont le c’est dangereux de se promener tout seul, prends cette épée est pratiquement cité textuellement en début d’aventure), dont les paysages étaient séparés en plusieurs écrans qui mis bout à bout constituaient un ensemble, et les expériences de l’Oubapo, le sens de lecture n’étant plus nécessairement de gauche à droite mais déterminé par le trajet du personnage.

Dis comme cela, tout cela paraît très théorique et expérimental, mais est en réalité très simple et ludique à suivre. Surtout, cette narration est parfaitement adaptée au récit, qui est à la fois celui d’un garçon lancé dans une quête démesurée, et à la fois l’histoire du temps qui passe dans une vie et qui fait que l’on devient soi-même. On est donc en plein dans un récit initiatique, gentiment profond mais réellement touchant, au dessin original et très agréable. La prochaine bande dessinée de Rémi Farnos est prévue pour début 2017 et j’ai hâte de la lire, car Alcibiade est une très belle découverte.

Saga - Brian K. Vaughan, Fiona Staples

La planète Continent et sa lune Couronne sont en guerre depuis des générations, un conflit qui s’est étendu sur des galaxies. Alana et Marko, deux soldats des deux planètes s’aiment et viennent d’avoir un enfant. Ce symbole de paix n’est pas vu d’un bon œil et les voilà bientôt pourchassés de planète en planète.

Saga est une série très réputée aux Etats-Unis où elle a gagné les prix les plus importants. On comprend assez facilement à la lecture le pourquoi de cet enthousiasme car il s’agit d’un excellent space opera. La grande qualité du titre de Brian K. Vaughan et Fiona Staples est de ne pas s’interdire d’avoir de l’imagination. Dans un monde où les arbres fusées et la magie côtoient les pistolets lasers et les aristocrates robots, tout peut arriver.

En bon comic, l’histoire a un côté feuilletonnant très agréable, chaque nouveau numéro étant l’occasion de découvrir de nouveaux personnages charismatiques, d’en savoir plus sur les motivations des personnages et sur leurs motivations.

Je ne sais par contre pas trop quoi penser du dessin de Fiona Staples. Les personnages sont très réalistes et semblent parfois avoir été faits avec l’application prisma, tandis que les décors sont assez simples. Le character design est malgré tout très agréable. Disons que contrairement à une science fiction européenne type Metal hurlant, le dessin de Saga est beaucoup plus fonctionnel que là pour être remarqué.

Dans l’ensemble, Saga est une série emballante et j’ai hâte de lire les suites des aventures d’Hazel, Alana et Marko dans l’espace.

Bonus : deux grands articles à lire !

Je suis très heureux d’avoir publié un article sur le site Nostroblog. Tout d’abord parce que c’est un excellent site qui dit soit des choses très compliquées sur des mangas simples soit des choses simples sur des mangas dégueulasses. Autant dire que mon article s’inscrit plutôt dans la deuxième catégorie, même si, originalité, j’y parle d’un comics indépendant publié aux Requins Marteaux : O.M.W.O.T. le prédateur de la terreur.

Une histoire formidable pleine d’action et de sexe, souvent les deux en même temps.

C’est à lire ici : https://nostroblogs.wordpress.com/2...

Sur le site de la médiathèque de Drancy, Dugny, Le Bourget, vous pouvez aussi retrouver mon dossier sur la Japan Expo. C’est plus de l’information que de la critique, mais vous y trouverez une présentation des différents stands éditeurs avec les bandes annonces des nouveaux mangas.

C’est à lire ici : http://mediatheques.paristde.fr/por...

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