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2016 : 10 bandes dessinées de gens qui se tapent dessus

dimanche 15 janvier 2017, par Kevo42

Je vous propose comme l’année dernière de revenir sur les bandes dessinées de 2016 à travers deux thématiques :

1 - les bds de gens qui se tapent dessus et d’action de manière générale

2 - les bds de gens qui se parlent ou tout du moins se regardent avec intensité.

Pour ne pas répéter ce que j’avais écrit ici l’année denière, j’éviterai de vous parler de Jojo’s bizarre adventure, Ms. Marvel, Lastman, Freaks’ squeele funérailles (dont je n’ai même pas encore lu le troisième volume). Disons simplement, qu’ils ont continué dans l’excellence, voire dans l’extraordinaire pour ce qui est de Jojo et des aventures de Kamala Kahn. Disons aussi que je suis encore sous le choc du dessin animé de Lastman, un moment plein d’espoir pour l’animation télévisuelle française.

J’ai mis de côté aussi Naruto. Après 72 volumes d’incarnation de la grandeur du shonen, la première place lui reviendrait de droit . Malheureusement, je n’en ai toujours pas lu les derniers volumes.

Maintenant, vous allez voir que ce qui reste est loin d’être négligeable.

Bonnes lectures !

1 - Satanie - Kerascoët et Fabien Vehlmann

Voici un album rescapé. Sa première partie paraît en 2011, avec une couverture pas très vendeuse et la promesse d’une deuxième partie imminente. Seulement la vie fait tout ce qu’elle veut, et Marie des Kerascoët est trop enceinte pour la dessiner. Le premier volume se vend mal, la deuxième partie ne vient pas, le projet est enterré.

Heureusement, le label Métamorphose le récupère et décide de sortir le tout en un volume, 5 ans plus tard.

Mais qu’est-ce donc que Satanie ? Charlie, accompagnée d’une bande d’archéologues dilettantes, part à la recherche de son frère explorer un gouffre qui pourrait être la porte des enfers.

Satanie est, tout comme Jolies ténèbres des mêmes auteurs, un récit catastrophe inversé. La base du récit catastophe est de confronter des héros valeureux et aventuriers à une catastrophe qui va mettre en valeur leur bravoure et leur sens du sacrifice. Dans Satanie, les personnages portent le malheur avec eux, se trahissant et détruisant tout sur leur passage. La grande beauté de ce récit est que Charlie reste malgré tout optimiste et déterminée, prête à avancer coûte que coûte.

Visuellement superbe comme toutes les œuvres des Kerascoët, Satanie propose de saisissants décors organiques et psychédéliques ainsi qu’une action à couper le squeele.

2 - Golden Kamui / Satoru Noda

Golden Kamui n’est pas une série que j’attendais particulièrement, mais qui m’a directement accroché au point où je n’ai aucune hésitation à prendre les volumes le jour de leur sortie.

Sugimoto,soldat japonais revient du conflit contre la Russie avec le surnom "l’immortel" mais pas d’argent. Il est bientôt mis sur la piste d’un trésor Aïnou, volé par un cruel criminel, qui en prison a tatoué le plan de la cachette sur la peau de ses codétenus. Sugimoto sera aidé dans sa quête par Ashirpa, une jeune Aïnou experte en chasse et accompagnée d’un loup blanc.

Golden Kamui est un manga à conseiller à ceux qui ont aimé The revenant. Comme dans le film d’Iñaritu, les moments calmes consacrés à la survie en monde hostile et aux meilleurs manières d’accommoder la cervelle de lapin sont bouleversés par des pointes de violences particulièrement brutales. A l’image des gueules cassées de notre première guerre mondiale, les héros de Golden Kamui ont leur compte de balafres et de peau à vif, et sont prêts à en ajouter à leur collection. A la violence des hommes répond celle de la nature. Ours et loups n’ont pas leur pareil pour arracher membres et visages.

Condensé de personnages charismatiques, de chasse, de pêche, de nature et de tradition, Golden Kamui est un manga pas forcément grand public, mais qui fonctionne parfaitement bien.

3 - O.M.W.O.T. : One Man War On Terror - Benjamin Marra

Existe-t-il une bande dessinée qui décrive mieux la catégorie "gens qui se tapent dessus" que O.M.W.O.T. ? Condensé de violence, de sexe, de complots politiques et d’humour absurde, l’oeuvre de Benjamin Marra ressemble à un épisode de G.I. Joe réalisé par Anouk Ricard après avoir regardé l’intégrale de la filmographie de Cirio Santiago. Je vous invite à lire l’article que je lui ai consacré sur le nostroblog pour en savoir plus.

4 - Black clover - Yuki Tabata

Je pense que certains seront surpris de voir cette série aussi haut dans mon classement annuel, surtout au vu des titres qui suivent.

Black Clover est en effet une série lancée cette année par Kazé avec l’espoir d’en faire un gros hit, à la mesure de One punch man ou My Hero academia. Pour autant la série ne dispose ni de la même visibilité, ni de la même "originalité" et c’est en partie ce classicisme qui attire.

En surface, la série n’a pas grand chose pour elle tant elle repompe éhontément Naruto (pour les personnages), Fairy Tail (pour les guildes) et Seven deadly sins (pour la patte graphique). Elle a pourtant le mérite du shonen artisanalement bien fichu. Les combats ont la patate, les pouvoirs sont intéressants, et les personnages ont le potentiel de ne pas être que des clichés sur pattes.

Surtout, le dessin séduit, qui reste très lisible malgré des détails très poussés, notamment dans les décors. Résultat, une série de plus que l’on suit alors que l’on s’était promis d’arrêter les sagas en douze mille volumes, et dont on espère qu’elle trouvera vite sa propre voix.

5 - Stravaganza - la reine au casque de fer - Akihito Tomi

Stravaganza est une drôle de série doublée d’un plaisir coupable. L’héroïne en est la reine d’un royaume d’heroic fantasy. Vêtue d’un casque de chevalier qui lui masque le visage, elle se promène incognito dans la rue. Ses premières aventures ont une tonalité légère et ecchi. On la voit par exemple affronter un voleur de sous-vêtements, si vous voyez ce que je veux dire. Et puis, dès le deuxième volume, l’histoire se fait plus sombre : des monstres attaquent la ville pour ne laisser que des ruines. De fait, chaque volume semble apporter un nouveau tournant et une nouvelle tonalité dans l’oeuvre.

Stravaganza, la série que l’on achète pour les boobs et que l’on continue pour l’histoire.

6 - Deathco - Atsushi Kaneko

Dans un univers gothico / rockabilly, Deathco est une jeune tueuse à gage dépressive qui ne vit que pour le meurtre. Elle vit dans un château auprès de son mentor, une ancienne tueuse devenue obèse, et d’un majordome.

Nouvelle série très attendue d’Atsushi Kaneko après le très remarqué et étrange Wet Moon, Deathco est autant une confirmation qu’une déception. Confirmation d’un côté de l’incroyable talent d’Atsushi Kaneko, avec certaines des plus belles cases vues cette année. Son style à mi-chemin entre manga et comics indépendant combine expressivité des poses, jeu sur le contraste entre noir et blanc et cadrage dynamique. Déception, parce qu’honnêtement cela ne raconte pas grand chose et qu’au bout d’un moment cela commence à se voir.

Un achat malgré tout indispensable si vous êtes un esthète du manga d’action, tant il est vrai que le style de Kaneko est unique.

7 - Le collège noir - Ulysse Malassagne

Un groupe de collégiens maudits par une sorcière, vont devoir survivre aux fantômes et monstres qui hantent leur collège jurassien.

Le collège noir est une série jeunesse inspirée par les récits de Lovecraft et prépubliée dans Géo Ado. Elle est signée Ulysse Malassagne qui met ses qualités de dessin et de découpage au service d’une histoire d’horreur light des plus réjouissantes, portée par des personnages sympathiques et des monstres répugnants. La série la plus sous-estimée de l’année.

8 - Mickey’s Craziest adventures - Lewis Trondheim et Nicolas Keramidas

Les français n’aiment rien faire comme les autres. Là où Disney, que ce soit en Amérique ou en Italie, a toujours privilégié le personnage au dessinateur, la collection de Glénat propose du Mickey d’auteur. Plus snob encore, le dessin et la mise en page renvoient directement aux revues et formats des années 30.

Si l’on aurait envie de qualifier la démarche de prétentieuse avant de retourner lire Carl Barks et Don Rosa, on doit aussi reconnaître la qualité de ce premier volume.

Le Mickey de Trondheim et Keramidas repose sur un principe narratif simple mais très ludique, en prétendant être la traduction de pages inédites dont certaines sont manquantes. On passe ainsi d’une péripétie à l’autre, débarrassées du principe de continuité. Le plaisir n’y est pas tant dans la résolution que dans la capacité sans cesse renouveler à se mettre dans la mouise. Le dessin inventif de Keramidas sert parfaitement l’écriture de Trondheim, à la fois respectueuse des personnages et complètement personnelle dans sa mécanique de gags.

Un premier volume qui donne envie de lire les autres. Sacrés français !

9 - One Punch Man - One, Yusuke Murata / My Hero Academia - Kōhei Horikoshi

Impossible de ne pas mentionner les deux mastodontes du shonen manga. Pour autant, les deux ne m’ont pas pleinement convaincu. Si One Punch Man a la volonté de bousculer les codes du shonen (le héros est tellement fort qu’il bat tous ses ennemis d’un seul coup) , il est aussi très ancré dans des codes old school. De plus, une fois le principe de base vite épuisé, la série trouve vite son équilibre dans une construction plus classique : jusqu’où s’étend la force de Saitama ? Deviendra-t-il populaire ? Un monstre sera-t-il un jour à sa hauteur ?

On lit la série avec intérêt, mais sans vraiment rire ni être convaincu d’être face au renouveau du genre.

My Hero Academia de son côté se présente comme un croisement entre comics de super héros et shonen, ce qui dans les deux cas implique moult personnages qui se tombent sur la gueule. Au programme, nekketsu, tournois, rivalités, méchants très méchants. La série fonctionne non pas par sa nouveauté, car elle applique toutes les règles à la virgule près, mais par son adresse à les respecter.

10 - The wicked + the divine - Kieron Gillen, Jamie MacKelvie

Tous les 90 ans, une douzaine de dieux s’incarnent parmi les hommes, qu’ils inspirent 2 ans durant par leurs faits artistiques marquants, avant de mourir, quand ils ne se sont pas déjà entretués avant.

The wicked + the divine est raconté du point de vue d’une fan que les circonstances vont mettre au coeur des intrigues parfois meurtrières de cet étrange panthéon. Un principe de base d’autant plus intrigant que les dieux ont des visages que nous connaissons, imitant Bowie, Kanye West, Rihanna, etc. Le récit se veut à la fois un polar surnaturel et réflexion sur la création. Ce premier volume, bien écrit et bien dessiné, donne envie de savoir si la suite sera à la hauteur de la hype qui entoure la série.

Pas dans le top 10 mais c’était cool aussi :

- O Senseï d’Edouard Cour

- Spider-gwen de Jason Latour et Robbi Rodriguez

- Sweet Tooth de Jeff Lemire

- Jeu d’ombres de Merwan et Loulou Dedola

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